cours du jeudi 18

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cours du jeudi 18

Message  Admin le Lun 22 Oct - 14:13

la première partie du cours concernait la recherche documentaire
que j'ai posté dans la section questions/hors-sujet du forum

voici le cours de cette fameuse journée de galère !


jeudi 18 octobre 2007


Approche des textes du corpus
-Quel contenu ?
-Quelle classification ?
-Quelle poétique ?
-Quelle évolution historique ?


1. Il existe un plus petit dénominateur commun entre les textes : au point de vue de l’intrigue dans l’enchaînement de l’action : il faut qu’un personnage soit face à Homère dans le même espace-temps.
mais il n’est pas son contemporain.

Le personnage se trouve à Homère : la motivation quand elle existe c’est bien souvent un récit de trajet : soit qu’il s’agisse de raconter la descente que raconte Homère : une évocation : on fait venir Homère. Parfois l’ombre d’Homère arrive sans être appelée.

Un même type d’action : un dialogue.
Homère n’a jamais l’initiative du dialogue : c’est plus le pt de vue du lecteur qui est représenté : il a besoin de savoir.
Homère ne peut que répondre à cette évocation.

Un imaginaire : la manière dont on va donner une image, inventée, de cette être dont on ne sait rien : ces rencontres sont l’occasion de donner un corps à Homère : on est frappé par la relativement faible exploitation de cette possibilité : il est vieux, aveugle : représentation stéréotypée d’Homère dans la rep. occidentale
(image homère sur google) : vieux, barbe, aveugle.
Ce stéréotype a une fonction allégorique : on sait que ces traits ne sont pas réalistes mais ont une signification.
Aveugle : initiation à des vérités supérieures, // Tirésias.
Ses cheveux bien coiffés : au Cosmos, harmonie de sa poésie
des rides qui indiquent la concentration
la barbe : expérience et sagesse.

c’est pq on va être d’autant plus sensible à toute infraction à cette représentation.

-Solomos : il nous dit qu’Homère n’a que de rares chveux décoiffés.
-Borgès ne décrit pas exactement Homère mais tant qu’il ne sait pas qu’il est face à Homère il insiste sur le corps affaibli du sauvage (contrepied du corps glorieux du poète)
-Barker : tisse sur le thème de la vieillesse, mais vieillard lubrique. (avec la fille d’Hélène).

Insister sur l’opposition à l’image élevée d’Homère : le vieillard noble père de l’épopée.
Corps faible : inverser l’image d’Homère, comme une parodie.

Homère représenté en mendiant jeune et rusé : comme un picarro.

Toutes ces représentations du corps d’Homère sont une manière de lui donner une individualité qu’il n’a pas.
?petite révélation : s’approprier Homère, se donner une autorité : voilà l’Homère.

(Homère jouant du violon).

-Qu’il n’était pas aveugle je le vis tout de suite.

-une explication à ce peu de description : ce n’est pas Homère que nous voyons mais son ombre.
?question de la représentation de l’ombre dans la littérature : quel corps prête-t-on à une ombre : un spectre, un fantôme.
(// au théâtre, comment le représenter ?)
en peinture : on représente l’ombre avec un corps : Boticcelli représente des êtres humains
(dans le texte ce sont des âmes).
Il n’y a pas vrmt de pittoresque de l’ombre.
c’est peut être assez récent dans notre imaginaire (// Cinéma).

?de toutes façons Homère a toujours été un fantôme : dès les premiers témoignages
il est décrit comme un absent, comme celui qui n’est pas là.
le référent est un inconnu : il n’y a pas eu un moment où on a dit Homère, mon contemporain.

(bcp de villes se réclament d’Homère, un culte pouvait lui être rendu : pan-héllénisme d’Homère, c’est aussi celui qui appartient à toute la grèce.
Smyre revient dans les textes)

Lucien se livre à une certaine provocation : Homère est né à… Babylone !
(Lucien est syrien : héllénophone, pas … grec. & permet de rappeler l’antériorité de la civilisation babylonienne).


-Homère veut déjà dire fantôme : on ne s’attarde pas sur le fait qu’Homère soit devenu une ombre.

-en revanche parler d’un fantôme cela suppose un traitement particulier du temps : ce qui reste du passé dans le présent : tte rencontre avec Homère s’engage dans un traitement du tps particulier : au présent je peux rencontrer le passé.
-toute représentation du fantôme suppose quelque chose à la limite du paradoxe temporel : le propre d’un fantôme c’est de ne pas changer : le fantôme n’a pas d’avenir, ne vieillit pas : le fantôme existe toujours, dans…le temps des hommes, pas son propre temps. L’histoire continue de s’écouler : faire intervenir un fantôme c’est toujours mesurer le rapport d’un temps figé à l’écoulement de l’histoire
-querelle des anciens et des modernes : Huddard de la Motte demande à Homère de le rassurer : apporter de la fixité et de l’éternité. Pq de la Motte pourrait il avoir cette nostalgie de la fixité ? Parce que c’est un moderne, suppose l’idée de progrès, du changement : quand on croit au chgt historique on comprend qu’on peut être oublié soit même : on peut devenir le passé de quelqu'un : il faut faire le deuil de l’éternité de la postérité. Demande à Homère une consolation de cette découverte que le temps passe.
-chez Borgès, Homère porte parole d’un thèse sur la nature cyclique du temps : son immortalité suppose la prise de conscience que tout revient : pas vraiment d’évènements. Même Homère du coup n’est plus glorieux. Il y a de fortes chances pour que l’Illiade et l’Odyssée soient composée plusieurs fois : la création n’est plus un acte unique
de toutes façons, quelqu'un aurait composé l’Illiade et l’Odyssée.
Homère se fait le défenseur d’une temporalité qui lui enlève toute gloire.


-s’il y a un imaginaire dans les textes c’est bcp plus celui du TEMPS : plus celui de la succession mais ordre du temps brouillé : se passe dans un cadre étrange : comment compte –t-on le temps dans le royaume des morts ? où&quand se situe cette université en ruine chez Barker ? (la SF et le brouillage dans l’ordre du temps).


Dan Simmons : Illium & Odysseum. ?réécriture géniale d’homère.
science fiction : notre propre rapport au temps. L’écriture est elle même un paradoxe temporel : j’écris maintenant, ce sera lu au futur, on en saura rien. L’écriture trouble l’ordre du temps.
Irène Langlet: dans Poétique : sur la science fiction et le temps
Jasper Fford.

La science-fiction a les moyens de proposer un imaginaire du temps qui permet de mettre à mal cette image d’un fondateur absolu : Homère est aussi une série de présent.


-les Genres :catégories génériques : tout ensemble auquel le texte peut appartenir : genre répertorié : genre plus large : ce texte est il ou non de la fiction ?
-la plupart de nos textes appartiennent à des genres divers (nouvelle, ode, poème, théâtre).

la plupart de nos textes relèvent de près ou de loin d’un genre qui permet la représentation :
le dialogue des morts
un genre revisité.


numéro de la revue : La Licorne, consacrée au dialogue des morts.

Séjour des morts où les morts de différentes époques discutent entre eux.

Aristophane, dans Les Grenouilles : Eschyle et Eurypide débattent pour savoir qui est le meilleur.

Des morts historiques : le genre réapparait à la fin du XVIIème.
?angleterre, Allemagne et REVIENT en France.

CE GENRE PERMET L’ANACHRONISME : dramatisation du temps de la pensée & de la mémoire. Quand je pense il m’arrive bien souvent de faire se rencontrer des pensées d’époques différentes (// dans une dissertation).
Le simple exercice de la mémoire suppose qu’on échappe à l’ordre de succession du temps : on se rappelle DANS LE DÉSORDRE
(je peux penser à proust puis homère puis shakespeare puis chrétien de troyes).

Or ce que permet le dialogue des Morts c’est un semblant d’objectivité à cette pratique subjective : représentation d’une pensée par un auteur qui s’oppose à un autre auteur.

Genre littéraire par excellence de la littérature comparée !
Louise Labée Vs Sappho !

A la limite de l’allégorie : chaque mort se voit associé à une THÈSE.
(peu de folklore).

Esope incarne… la FABLE.

Chez Homère face à Esope : une certaine représentation de la fable : plus ou moins paradoxale.

-Une figure de style : LA PROSOPOPÉE : donner la parole à un mort ou à une abstraction.
c’est le cas ici mais Homère n’est jamais seul. Interlocution.

// d’autres topoï : la Nequia : le fait d’interroger les morts : Odysée Chant 11 : Ulysse sur les conseils de Circée pour interroger les morts (Sacrifice).
-Evocation des morts : faire venir le mort à soi : évocation dans les Perses d’Eschyle : évocation de Darios.

-mélange des temps : temps de la mort et temps du présent.
Dans l’évocation, le présent du lecteur est représenté.
? l’autorité du mort est à la fois renforcée et remise en question.
elle est remise en question parce que : pb de la pertinence du savoir du mort par rapp. au présent.
Darios est appelé de manière spectaculaire : mais il n’a pratiquement rien à dire à part parler du passé, il ne peut s’adapter à l’ici & maintenant.
que des énoncés généraux : il n’est plus dans la circonstance.

Convoquer homère c’est convoquer une AUTORITÉ mais il faut négocier cette autorité au présent : s’adapte-t-il à la situation ou reste-t-il inadapté ?


-PB DE LA FICTION : ces textes font-ils l’objet d’une croyance ou non ?
ils sont rarement écrit à une époque où le lecteur peut y croire.
mais mixte d’histoire et de fiction : personnages HISTORIQUES mais dans un cadre éminemment fictionnel : royaume des morts.

Qu’en est il d’un texte où sur un perso historique on attendrait plus un discours référentiel.
-Question sur la présence de perso historique dans la fiction : Napoléon chez Stendahl ?
Quel est ce Napoléon ? (y-a-t-il un Nap historique et un Nap fictif).

Christine Montalvetit : GF Corpus : la Fiction.

Un discours présenté comme fictif : une biographie fictionnelle.
(revue Otrante).

C’est un corpus problématique : mixité générique.
un référent historique et un discours fictionnel

(( // mais un perso historique est environné d’un folklore culturel : tableau, histoires ?les perso de la rev Française chez HUGO !).)

Et quand le récit est fictionnel mais que les infos sont vrais ?

-ce genre de dispositifs l’emportent quand le besoin de représentation l’emporte sur la nécessité de vérification
quand on a plus besoin d’une représentation que de faits avérés.

-dans le cas d’homère ce besoin l’a toujours emporté sur la vérif. : on aurait pu dire je ne sais pas. se taire !
mais au contraire on a élevé la voix !.

œuvres récentes :
-Tombeau de Greta Barbo : l’attrait sur la figure l’emporte sur le fait de savoir si c’est vrai ou pas.

Un château en forêt : biographie fictive d’Hitler.
tend par la fiction : on manque d’explication : Pourquoi Hitler ?

même si on imagine un cas où on aurait deux textes : intitulé ROMAN et HISTOIRE
qui donnent les même infos, quelle différence y aurait-il ?

si on lit l’histoire on sait qu’on est au MAXIMUM de ce qu’on peut dire
dans une fiction : on est au MINIMUM : l’auteur peut inférer à n’importe quel moment.
(capacité d’inférence).

Choisir la FICTION : changer le rapport qu’on a à cette figure, quand bien même on ne rapporterait qu’un certain nombre de faits.

(pour le lecteur : une autre sensation que celui du fait et de la connaissance, plaisir de la proximité).
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Vue très synthétique du cours du 18 octobre

Message  Khadija le Mar 23 Oct - 23:55

Tout d'abord, bravo pour tes notes très détaillées!
Ci-dessous ma synthèse; le texte de Borges ne figure pas dans le corpus distribué...

Rencontres avec Homère : analyse du corpus
Corpus étudié :
1. Lucien de Samosate : « Histoire véritable ».
2. Dante : « Divine Comédie », chant IV.
3. Fontenelle : « Dialogue V », Homère et Ésope.
4. Fénelon : « Dialogue des morts », dialogue 4, Achille et Homère.
5. Antoine Houdar de la Motte : « L’ombre d’Homère, Ode »
6. Marivaux (Évocation de l’ombre d’Homère).
7. Denys Solomos : « L’ombre d’Homère ».
8. Howard Barker : « La morsure de la nuit », acte I, scène V.
9. Borges : « L’Aleph », L’Immortel.


1. Contenu.


• Présence d’un personnage face à Homère, qui vient d’une autre époque. Dans certains cas c’est le personnage qui rejoint l’époque d’Homère (Dante), dans d’autres c’est Homère qui rejoint l’époque du personnage (Solomos).
• Homère n’est jamais l’initiateur du dialogue.
• L’image d’Homère est toujours celle du vieillard barbu, aveugle et à la tenue soignée, avec quelques ruptures :
• Pour Solomos, le vent ébouriffe ses cheveux
• Pour Borges, c’est un sauvage
• Pour Lucien de Samosate, il n’est pas aveugle.
• Homère est un fantôme, qui ne change pas, ne vieillit pas, et est contemporain.
• Le temps est figé au temps de l’Histoire.
La science fiction est le genre littéraire par excellence qui met à mal le temps.

2. Classification.
Comment classer ce corpus ?
Le genre est un mélange de réalité et de fiction.
Le rapport entre le roman et l’Histoire : pour le roman, l’inférence des informations réelles est au minimum et celle de l’Histoire est au maximum.
Points qui vont être abordés la prochaine séance :
3. Poétique.

4. Évolution historique.
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